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Les agences marketing sont-elles bien référencées et citées dans les IA quand on les cherche dans leur ville et dans les langues de cette ville ?

Par Johnny Lagneau · Publié le 22 octobre 2026

À Bruxelles, demandez une agence marketing à une IA en français, puis en néerlandais.

Il y a un axe qui devrait permettre aux agences marketing de développer leur présence en ligne. C'est un peu contre-intuitif quand, par essence, on se concentre sur sa langue maternelle. Comme plus de 4 Européens sur 10 d'ailleurs (seuls près de 60 % disent pouvoir tenir une conversation dans une autre langue, Eurobaromètre « Les Européens et leurs langues », mai 2024). Mettre de l'attention sur une deuxième langue locale peut faire des ravages en termes de présence et de citation par les IA.

Depuis quelques semaines, on parle beaucoup de localisation et de langues. Mais on dit rarement ce que ça rapporte vraiment. Alors je suis allé le mesurer sur un métier que je connais bien : les agences marketing elles-mêmes (oui, mesurer les agences sur leur propre terrain, c'est un peu culotté).

En septembre, j'ai posé 8 questions d'acheteur à 7 IA (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, Grok, Mistral et DeepSeek). Par exemple : « Quelles sont les principales agences marketing à Bruxelles ? ». À Bruxelles, en français et en néerlandais. Au Luxembourg, en français, en anglais et en allemand. À Paris, en français et en anglais. Les IA ont répondu sans la recherche web, avec ce qu'elles ont appris, puis avec la recherche web activée. J'ai reçu 773 réponses.

Ce que j'en retiens tient en quatre leviers.

Levier 1 : chaque langue de la ville est un classement à part

À Bruxelles, D'M&S sort dans 21 % des réponses en néerlandais (12 sur 56), avec la recherche web. En français, dans 2 % (1 sur 56).

Hello7, à l'inverse, sort dans 11 % des réponses en français (6 sur 56), et aucune IA ne la cite en néerlandais. Flon.be et Cartel Agency sortent dans 16 % et 14 % des réponses en néerlandais (9 et 8 sur 56), et dans 2 % chacune en français.

Un client qui cherche une agence en français et un client qui la cherche en néerlandais ne reçoivent presque pas les mêmes noms. Pour une agence, la deuxième langue de sa ville, c'est un deuxième classement à gagner, sur le même territoire, sans déménager.

Levier 2 : le site dans la langue qui manque

Au Luxembourg, Knewledge arrive en tête dans les trois langues : 27 % des réponses en français (15 sur 56), 30 % en anglais (17 sur 56) et 18 % en allemand (10 sur 56).

Son site existe en français et en anglais. L'allemand, la langue où elle sort le moins, est justement celle qui manque à son site. Je pense que c'est là que se trouve sa marge de progression.

Levier 3 : publier dans la deuxième langue

À Paris, Web Tonic sort dans 19 % des réponses en anglais (10 sur 54). En français, aucune IA ne la cite.

En allant voir son blog, j'ai découvert qu'elle publie en anglais des listes d'agences parisiennes par spécialité. À Paris, une agence qui écrit pour les anglophones prend une place laissée libre par les autres.

Growth Room, elle, tient les deux langues : 29 % des réponses en français (16 sur 56) et 33 % en anglais (18 sur 54).

Levier 4 : la recherche web redonne sa chance à l'agence locale

Sans la recherche web, dans la mémoire des IA, ce sont les grands groupes qui reviennent. À Bruxelles, Publicis sort dans 18 % des réponses en français (10 sur 56). À Paris, Havas sort dans 30 % des réponses en français (17 sur 56).

Avec la recherche web, la liste change presque entièrement. À Bruxelles, en français, seules 11 agences apparaissent dans les deux modes. Et avec la recherche web, entre 24 % et 41 % des réponses citent au moins un annuaire d'agences.

Pour une agence locale, c'est une bonne nouvelle : ce qu'elle publie, dans chaque langue, et les annuaires où elle apparaît comptent plus que sa taille.

Ce qu'une agence peut faire dès cette semaine

Chercher « agence marketing + sa ville » dans chaque langue de la ville, avec et sans la recherche web activée.

Regarder dans quelle langue elle disparaît, et vérifier si son site existe vraiment dans cette langue (pas seulement une page d'accueil traduite).

Publier quelques contenus utiles dans la deuxième langue, et vérifier sa fiche dans les annuaires d'agences de sa ville.

C'est exactement ce qu'elle fait déjà pour ses clients.

La mesure va continuer

J'ai mesuré en septembre, à des dates différentes selon les langues (du 7 au 25). Je vais continuer dans les prochaines semaines pour vous donner l'évolution des résultats.

Je n'ai pas encore mesuré Bruxelles en anglais pour les agences. Avec les institutions européennes et les expatriés, c'est pourtant une vraie langue d'achat là-bas. Ce sera dans la prochaine mesure.

Les chiffres complets, ville par ville et langue par langue, sont sur vectorgap.ai/ia-locale.

Et vous, dans votre agence, quelle langue de votre ville travaillez-vous en plus de la vôtre ?