J'ai demandé un agent immobilier aux IA à Paris, en français puis en anglais
Par Johnny Lagneau · Publié le 20 octobre 2026

Orpi est le réseau immobilier que les IA citent le plus à Paris. Sans la recherche web, avec ce qu'elles ont appris, elles le nomment dans 56 % des réponses en français (31 sur 55). En anglais, avec la recherche web, Orpi sort dans 2 % des réponses seulement (1 sur 54).
Paris n'est pas une ville bilingue comme Montréal ou Bruxelles. Ses clients, eux, ne cherchent pas tous en français. Expatriés, investisseurs, familles qui arrivent : beaucoup posent leurs questions en anglais. J'ai voulu voir ce que les IA leur répondent.
Le 24 septembre, j'ai posé 8 questions d'acheteur à 7 IA (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, Grok, Mistral, DeepSeek), pour 5 métiers, en français puis en anglais. Les IA ont répondu d'abord sans la recherche web, à partir des poids du modèle, puis avec. J'ai reçu 1 046 réponses.
Un très grand réseau peut disparaître
Avec la recherche web, Orpi sort dans 28 % des réponses en français (14 sur 50). En anglais, dans 2 % (1 sur 54). Je suis allé voir son site. Il n'a pas de version anglaise.
En anglais, la première agence citée avec le web s'appelle Paris Property Group (24 %, 13 sur 54). Engel & Völkers, lui, sort à peu près autant dans les deux langues (18 % en français, 19 % en anglais).
Être le plus grand ne suffit pas. Il faut aussi exister dans la langue de celui qui cherche. C'est ce que je vois depuis Montréal.
Un petit cabinet peut prendre la place
Chez les comptables, Hayot Expertise sort dans 28 % des réponses en anglais (15 sur 53), avec la recherche web. En français, dans 13 % (7 sur 55).
Son site a des pages en anglais. Il publie même un article pour aider les anglophones à trouver un expert-comptable en France. Le cabinet écrit pour les clients qui cherchent en anglais. Les IA le recommandent à ces clients-là.
À l'opposé, DA Expertise sort dans 18 % des réponses en français (10 sur 55) et 4 % en anglais (2 sur 53).
Les dentistes et les annuaires anglophones
Pour un dentiste à Paris, avec la recherche web, Sana Oris sort dans 39 % des réponses en anglais (20 sur 51). En français, dans 9 % (5 sur 55). Le Cabinet Frimouth sort dans 18 % des réponses en français (10 sur 55) et 4 % en anglais (2 sur 51).
En anglais, les IA s'appuient beaucoup plus sur les annuaires. 37 % des réponses en anglais nomment un annuaire ou une plateforme, contre 13 % en français. Je retrouve d'ailleurs Sana Oris sur WhatClinic, un annuaire anglophone de cliniques.
Les courtiers et les comparateurs
Sans la recherche web, dans la mémoire de l'IA, un client francophone est envoyé vers des comparateurs (Assurland, LeLynx). En anglais, les IA citent AXA et Marsh.
Avec la recherche web, Zenith Assurance sort dans 34 % des réponses en anglais (17 sur 50). En français, dans 15 % (8 sur 55). Brokins sort dans 16 % des réponses en français (9 sur 55) et 2 % en anglais (1 sur 50).
Les avocats d'affaires tiennent les deux langues
Bredin Prat, Gide Loyrette Nouel et Clifford Chance sortent dans les deux langues. Comme à Montréal, à Bruxelles et au Luxembourg, les grands cabinets d'affaires écrivent pour une clientèle internationale.
Ce qu'une agence peut vérifier à Paris
Poser la question « métier + Paris » en français puis en anglais, pour chaque client qui a des clients étrangers.
Vérifier que le site du client a de vraies pages en anglais, pas seulement une page d'accueil traduite.
Regarder les annuaires anglophones de son métier. En anglais, les IA les lisent beaucoup.
Ce que je ne sais pas encore
J'ai mesuré une seule fois, le 24 septembre. Les réponses des IA bougent, donc je vais refaire la mesure. Le format de réponse a changé depuis : je compare les tendances avec Montréal, pas les chiffres.
Les chiffres complets, métier par métier, sont sur vectorgap.ai/ia-locale/paris.
Si vous accompagnez des entreprises parisiennes, je me pose une question. Combien de vos clients savent ce que les IA disent d'eux en anglais ? Et combien de leurs clients cherchent dans cette langue ?
