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Ce que 6 056 réponses d'IA m'ont appris sur la visibilité locale et multilingue

Par Johnny Lagneau · Publié le 27 octobre 2026

Cinq constats, et une offre.

Depuis septembre, j'ai posé les mêmes 8 questions d'acheteur à 7 IA dans quatre villes et cinq langues. Montréal en français et en anglais. Bruxelles en français, en néerlandais et en anglais. Le Luxembourg en français, en allemand et en anglais. Paris en français et en anglais. Cinq métiers, plus les agences marketing. Au total, 6 056 réponses (oui, je les ai comptées).

J'en tire cinq constats. Je vous les donne avec les chiffres qui les montrent.

1. Les grands noms occupent la place vide

Sans la recherche web, les IA citent d'abord les grands réseaux. Raymond Chabot Grant Thornton à Montréal, PwC au Luxembourg, Orpi et Century 21 à Paris, Publicis et Havas pour les agences.

Avec la recherche web, les entreprises locales apparaissent. Mais langue par langue. Dans la langue où les entreprises locales n'ont rien publié, les grands reviennent. À Bruxelles, avec ce que l'IA a appris, une petite entreprise qui cherche un comptable en anglais est d'abord envoyée vers Deloitte : 39 % des réponses (22 sur 56).

Je ne pense pas que les grands soient meilleurs. Je pense qu'ils sont présents partout. Les IA comblent le vide avec ce qu'elles trouvent.

2. La langue du site ouvre la porte

C'est le constat qui revient le plus souvent. Qubit Insurance, à Montréal, a un site en anglais : 29 % des réponses en anglais (16 sur 56), aucune en français. Yago, à Bruxelles, n'a pas de site en anglais : 4 % des réponses en anglais (2 sur 56), contre 52 % en français (29 sur 56). Orpi, à Paris, n'a pas de site en anglais : 2 % des réponses en anglais (1 sur 54), avec la recherche web.

C'est la condition de départ. Ensuite, le contenu fait la différence. Finest Consult a un site en français par défaut, et ses articles pour les expatriés le font sortir surtout en anglais. IBG a un site en quatre langues, et c'est en allemand qu'il est le plus cité.

3. Les IA associent une langue à une région

Au Luxembourg, en allemand, les IA citent une agence immobilière de Trèves, en Allemagne. Elles citent aussi un courtier installé tout au nord du pays. À Bruxelles, en néerlandais, elles citent une agence aux racines flamandes que le français ignore presque.

Plusieurs lecteurs de la série m'ont écrit la même chose : les sources que les IA consultent changent avec la langue. Les IA rangent chaque entreprise dans une communauté de langue. Pour une entreprise, cela veut dire qu'elle n'a pas les mêmes concurrents dans chaque langue.

4. Le mot compte autant que la langue

Au Luxembourg, en allemand, « Steuerberater » et « Wirtschaftsprüfer und Steuerberater » ne donnent pas la même liste. Avec le second, les Big Four sortent beaucoup plus. À Montréal, j'ai posé les questions avec « expert-comptable », alors qu'au Québec on dit plutôt CPA (un lecteur montréalais me l'a fait remarquer, il avait raison).

Le client ne cherche pas avec le mot de l'entreprise. Il cherche avec le sien.

5. Ceux qui écrivent pour l'autre langue prennent la place

Hayot Expertise, à Paris, a des pages en anglais et un article pour les anglophones qui cherchent un expert-comptable : 28 % des réponses en anglais (15 sur 53). Finest Consult, à Bruxelles, écrit pour les expatriés : 38 % des réponses en anglais (21 sur 56). Web Tonic publie en anglais des listes d'agences parisiennes : 19 % des réponses en anglais (10 sur 54), aucune en français.

Dans chaque ville, j'ai vu des petites structures prendre une langue entière. Elles ont écrit pour les clients de cette langue.

Et les annuaires

Avec la recherche web, entre 13 % et 44 % des réponses citent un annuaire ou une plateforme parmi leurs sources, selon la ville, le métier et la langue. Les IA lisent les sites des entreprises. Elles lisent aussi ce que les autres publient sur elles.

Ce que j'en tire pour une marque locale

Une page par service et par langue. Une page d'accueil traduite ne suffit pas.

Écrire pour les clients de chaque langue : les expatriés, les frontaliers, les touristes, les familles qui arrivent.

Tenir ses fiches d'annuaire à jour dans chaque langue.

Tester plusieurs mots pour son métier, dans chaque langue.

Mesurer langue par langue. Un bon résultat dans une langue ne dit rien de l'autre.

Les places sont à prendre. Dans les quatre villes, j'ai vu des langues entières où les entreprises locales n'avaient encore rien fait.

Le test

Je veux maintenant montrer l'avant et l'après sur de vraies entreprises. Je cherche trois entreprises locales, ou leur agence, jusqu'au 10 novembre.

Je mesure ce que les 7 IA disent d'elles dans chaque langue de leur ville. L'entreprise ajoute ce qui lui manque dans une langue : une page, une fiche, un article. Je remesure 30 jours plus tard. C'est mon Snapshot, 250 €, remesure comprise. Avec son accord, je publie le résultat, avant et après.

Il suffit de me le demander : par la page Snapshot, ou par e-mail à gap@vectorgap.ai.

Pour finir

Si vous accompagnez des entreprises dans une ville où l'on parle plusieurs langues, j'aimerais avoir votre regard.

Dans votre ville, quelle langue vos clients laissent-ils encore vide ?